Mardi 13 octobre.

De battre mon coeur s'est arrêté.
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# Posté le mardi 13 octobre 2009 04:04

Mercredi 24 juin 2009.

Bien qu'apparaissant comme un automatisme tombé dans le banal du quotidien, pour moi il n'en est rien et l'appréhension ne me quitte jamais, toujours aussi grandiloquente et oppressante. Ce sont d'abord les charmes de Poséidon qui me content monts et merveilles, à l'image des chants de ses nymphes, qui me bercent ensuite, engourdissant mes membres un à un, et qui finissent par m'achever, enfin. C'est alors que de raison il n'y a plus, de raisonnable non plus d'ailleurs. L'idée fixe de ne trouver matière qu'à me réchauffer ne guide plus que ce qu'il y a d'animalité ; l'instinct me précipite et me pousse à la chute, qui se fait alors de façon inexorable.

Imprudence qui mène la peau à faiblir rapidement sous le poids d'une rencontre des plus manichéennes et qui s'en fait alors témoin : les airs changeants et instables de Neptune se mariant à l'humeur cartésienne de Déméter. Leurs effluves longilignes invitent à rejoindre la demeure de Morphée tandis que les remouds du c½ur et de l'âme s'apaisent sous sa caresse inéluctable. Les gardiens de ce tombeau, où se gravent tour à tour expérience et sagesse – mais qui n'inspirent cependant pas tout le respect que l'on en attend – se mettent en rang, se dressant ainsi au garde à vous comme pour mieux la saluer ; elle, onde extatique, et par définition, aussi éphémère rend que délicieuse.

Mais, si tôt le fruit consommé, celui-ci se met à dépérir et à ne laisser que le vague souvenir d'une étreinte charnelle dont ma peau porte encore toute la déraison. A tel point que les charmes bien connus de Neptune n'opèrent plus et que la raison reprend le dessus sur les passions. Ne me reste plus qu'une peau flétrie par tant d'excès, et à pâtir du libertinage divin dont le c½ur et l'humeur se font aussi froids que les eaux bordant nos côtes. Morphée me paraît également à son tour si loin que plus rien ici ne me retient.
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 17:42

Mercredi 24 juin 2009

25 décembre 1989, vers 9 heures. Mon premier rancart, celui d'avec le monde. Le c½ur au bord des yeux, le sourire d'une Madone me tend les bras. Me voici à la croisée des mondes, où Pandore m'ouvre sa boîte aux milles douceurs et où Prométhée me tend sa flamme dérobée.

11 juillet 1992, vers 23 heures. « Volontaire et déterminée, Emilie est une partenaire de choix. Développant une énergie exceptionnelle, elle rayonnera au sein de votre foyer. Fidèle en amour comme en amitié, Emilie sera toujours là pour porter secours à son entourage. » Ce soir-là, le soleil se leva sur mes lendemains, et fit à jamais ses adieux à l'Ouest.

Septembre 1994. Rien n'est plus attentatoire que la main d'un enfant arrachée à celle de sa bienfaitrice. La mienne le fut ardemment ce jour-là, où mes premiers et déchirants adieux se perdirent aux quatre coins d'une cour de récréation alors difficilement perceptible, au travers de mes deux petites gobilles maquillées de rouge et d'amertume pour l'occasion.

1996. Rose et vert fluorescents. Couleurs euphoriques d'un lien avilissant. A quel étrange rituel les adultes se vouent-ils ? Elle s'appelait Marina, petite tête au carré blond, qui s'entêtait à ne pas vouloir contenir son tempérament de feu. Ses ardeurs furent malgré tout freinées par une innocente corde à sauter, dont l'usage détourné se mit au service de l'apaisement physique - et certainement moral - bien mérité de notre jeune maîtresse d'école.

1998. Depuis quelques mois, je m'étais adonnée à d'interminables ballades au c½ur des Plaines du Bas-Pays d'un certain Dominique PATTEYN, illustre inconnu à qui je dois cependant ma plus belle fierté. Et sans prétention aucune, je m'y étais baladée à merveille cet après-midi là, à l'auditorium de l'hôtel Mercure, à Arras. De toute la hauteur que mes huit ans me conféraient alors, je saluai l'assistance et remerciai le jury devant lesquels j'avais un peu plus tôt exécuté ce guilleret air de piano.

Février 2002. Pour la troisième fois, je pose les pieds hors de leurs frontières. Dans l'avion, les touristes se font rares. Les têtes blondes en général, car ici et là-bas, le noir est de rigueur. Un bidonville en guise de capitale, une générosité et une tolérance sans égal. Les habitations ne sont jamais closes, et là où toute une famille s'entasse, il y a toujours une place, surtout pour de parfaits inconnus, aussi blancs et bien portants soient-ils. Leur Produit Intérieur Brut est certes déplorable, ou pour ainsi dire inexistant, mais leur Richesse Intérieure Brute détrônerait n'importe quelle puissance mondiale. C'est une richesse qu'on ne leur reconnaît pas, car aucun indice de mesure économique ne saurait vraiment en retranscrire la valeur.

Septembre 2005. Ici, tout me semble trop grand et démesuré, gargantuesque à souhait, et pourtant, c'est bien à cela que l'on me destine. Les années lycée s'imposent à moi et éparpillent les doux souvenirs de mes années collège. Les professeurs n'ont alors plus qu'un mot à la bouche, « baccalauréat », tandis que les élèves s'occupent à autre chose. Ont-ils grandi trop vite, ou ai-je manqué le coche ?

Année 2007. Tandis que les uns attendent impatiemment l'âge des tout est permis et les autres nous chantonnent On n'a pas tous les jours vingt ans, moi je goûte au plaisir de n'en avoir que dix-sept. D'être dans l'entre-deux, en quelque sorte. A dix-huit ans, tout n'est que responsabilité et engagement futurs, et à vingt ans, il semblerait que ce soit la dernière chance que l'on ait d'abuser de la vie sans quelconque restriction. Mais moi cette année-là, j'y ai goûté sans commune mesure ...

15 novembre 2007. Soixante-ans. Il n'y eût ni bougie, ni gâteau ce jour-là. Simplement la fierté timorée d'une fille pour son père. Ce qu'il a réussi à faire de sa vie me sert d'exemple chaque fois que la vie s'impose à moi. Il ne brille que par ce qu'il est, ce qu'il a appris, ce qu'il a su imposer. Fils de métayers et aîné de trois enfants, il n'eût l'occasion de ne passer que le certificat d'études, et de récolter la fierté d'en être sorti major. La modestie ne me fera pas taire ce qui est une réalité aujourd'hui ; que mon père a gravi les échelons avec succès pour atteindre celui de Directeur Général, et ce par la seule force de son travail. Un modèle de réussite qui m'accompagne depuis toujours ...

# Posté le mercredi 24 juin 2009 17:39

Reborn.

Je crois qu'il est grand temps que je vienne dépoussiérer tout ça ...

# Posté le lundi 04 mai 2009 11:54

19:30

"Droit de vie et de mort sur ma personne". Il n'y a que moi qui ai ce privilège. Et je me plais à me le marteler quotidiennement, avec acharnement, comme une promesse qu'il me faudrait tenir. De temps à autre, je déverserai ma faiblesse de caractère sur l'oreiller. Mais le reste du temps, je le consacrerai au projet le plus ambitieux que je n'aie eu jusqu'à présent : ma tour d'ivoire. De là haut, l'écho de leurs plaintes, reproches et morale n'atteindra rien, si ce n'est qu'il se heurtra à l'édifiant, l'imperturbable et paisible silence céleste.

Je n'ai rien à apporter au monde. Et le monde me le rend bien.

Nombreuses furent les fois où je clamais, à qui voulait l'entendre, que l'heure de la révolution était arrivée, en pensant que cela régenterait mon petit monde à coups de franchise et de spontanéité. Quelle naïve je faisais ... Sauf qu'aujourd'hui, il n'est plus question de se plier aux quatres caprices de quiconque aurait main mise sur mon estime et ma reconnaissance. Je me suis simplement mis en tête que rien n'était plus paisible et doux que l'indifférence. Plus rien ni personne ne creuserait (habitude que j'ai là à tout soumettre à l'incertitude) ; ne creusera de sillons ou de crevasses, ne portera atteinte, de quelque manière que ce soit, à ce qui me reste de volonté et de combatitivité. Il ne sera donc plus question d'exorciser ce qui me ronge par des mots suintant de sincérité ; puisque rien ne leur crève le coeur, c'est à feu et sang que je mettrais le mien, pour qu'ils ne soient plus tentés de l'assiéger. S'il faut lutter, autant le faire à armes égales ...

# Posté le mercredi 29 octobre 2008 14:41